Niveau 1ère: Columba College, Dunedin/The School for Young Writers, Christchurch – Nouvelle-Zélande

1er prix: Jessica BARTON, Helen KENT, Mélanie REDDING
(Professeur: Elaine KELLY)
Etablissement partenaire: Lycée Ronsard, Vendôme

«Ne te penche pas!»

C’était sûrement ce que me criait ma mère. Je voyais ses lèvres bouger, mais le vacarme m’empêchait de distinguer le moindre mot. La sirène mugissait. J’étais fier de me tenir au bastingage entre mes parents. A ma droite, mon père portait mon petit frère. A ma gauche ma mère serrait ma sœur contre elle. De son bras libre, elle secouait un mouchoir, sans perdre des yeux une silhouette dans la foule. Troisième oncle l’avait tenue longtemps dans ses bras, comme si on n’allait plus se voir. Elle avait eu l’air triste une seconde, et l’instant d’après, elle avait dit: «Nous allons être tellement heureux!»

C’était il y a soixante-dix ans. J’étais un petit garçon de sept ans et j’avais vécu jusque là heureux avec ma famille à Odessa, en Russie. Jusqu’à cette année de 1917 où la révolution communiste a touché mon pays. Mon père était alors un médecin reconnu et nous vivions confortablement sur les bords de la mer Noire. Inquiet de tous ces événements, il décida de nous faire quitter le pays précipitamment. C’est comme cela qu’avec mes parents, mon frère Nikolaï et ma sœur Natascha, nous nous sommes retrouvés sur ce bateau, laissant derrière nous le reste de notre famille et notre vie d’avant.

Le quai était bondé lorsque nous sommes arrivés et c’était difficile de monter sur le bateau. Nous avions notre propre cabine mais quand même ce n’était pas comme nous avions imaginé. La cabine était sale et trop petite pour notre famille. On pouvait entendre les familles dans les cabines voisines. Mon petit frère a commencé à pleurer pendant tous les dix jours de voyage à cause de la tempête. C’était brouillassant et la Méditerranée était houleuse et donc toute la famille était malade. C’était horrible! Ce n’est que le dernier jour que la mer se calma et que le soleil revint. Nous avons vu Nice pour la première fois. La mer était azure et la vue était magnifique après une traversée longue et pénible. Nous étions à la fois excités et inquiets pour notre nouvelle vie. Que se passerait-il si la vie en France était pire qu’en Russie?

Dès la descente du bateau. Nous nous mîmes à la recherche d’un hôtel. Nous trouvâmes un petit hôtel au bord de la mer. C’était le seul où il restait des chambres libres, car beaucoup d’Anglais en villé’giature occupaient les hôôtels de la côôte. Il y avait des disputes parce que nous devions partager la même chambre avec mon frère et ma sœur.

Après un mois passé comme des vacances, les nouvelles venues de Russie n’étaient pas bonnes. La situation ne s’arrangeait pas et il allait falloir rester en France plus longtemps que prévu. Après, mon père commença donc à chercher un travail. En France, pour être médecin il devait passer des examens. Il étudiait donc la journée et était d’abord infirmier la nuit pour nourrir sa famille.

Apres plusieurs jours d’études, mon père a eu assez d’argent pour acheter un appartement plus près de notre école. L’appartement de choix était au cinquième étage d’un immeuble vieux, près du port. La vue du balcon était belle, particulièrement au coucher du soleil. La mer azure scintillait et quand je la regardais, elle me rappelait mon pays. Il semblait si loin le pays des difficultés que ma famille avait quitté dans le but que moi, mon frère et ma sœur ayons une vie meilleure. L’école a été difficile au début. C’était petit et tous les étudiants semblaient se connaître les uns les autres. Mon frère, ma sœur et moi, nous avions l’habitude de nous asseoir ensemble, à l’écart des autres élèves, qui avaient peur de nos différences. Les leçons étaient plus difficiles qu’en Russie. Après un certain temps, toutefois, les autres enfants ont commencé à nous parler et nous avons enfin commencé à nous faire des amis et cela rendait la vie à l’école plus agréable et je commençais à me sentir comme si la France était mon pays. J’ai terminé mes études et ai obtenu un emploi en tant que banquier. J’ai appris à laisser mon passé derrière moi.

Dix ans plus tard, je me suis marié avec une jolie jeune fille avec qui j’ai passé toute ma vie et j’ai eu trois enfants. Jamais je n’ai pu retourner dans mon pays à cause du communisme. Aujourd’hui en 1989, le Mur de Berlin est tombé et bientôt nous allons pouvoir rentrer de nouveau en URSS. Je suis trop vieux pour faire le voyage mais je suis content que mes enfants et mes petits-enfants puissent visiter la terre de leurs ancêtres et mon vrai chez moi.

JAE-FLE 2011: Onslow College, Wellington/The School for Young Writers, Christchurch – Nouvelle-Zélande

2ème prix Jonathan GOODSON
(Professeur: Elizabeth WARREN)
Etablissement partenaire: Lycée Ronsard, Vendôme

«Ne te penche pas!»

C’était sûrement ce que me criait ma mère. Je voyais ses lèvres bouger, mais le vacarme m’empêchait de distinguer le moindre mot. La sirène mugissait. J’étais fier de me tenir au bastingage entre mes parents. A ma droite, mon père portait mon petit frère. A ma gauche, ma mère serrait ma sœur contre elle. De son bras libre, elle secouait un mouchoir, sans perdre des yeux une silhouette dans la foule. Troisième oncle l’avait tenue longtemps dans ses bras, comme si on n’allait plus se voir. Elle avait eu l’air triste une seconde, et l’instant d’après, elle avait dit: «Nous allons être tellement heureux!»

Je me souviens bien de ce jour-là. C’était mon dernier jour en France. Papa avait décidé que c’était trop dangereux de continuer à vivre en France, et alors, nous sommes partis.

D’abord, je ne voulais pas partir. Je voulais rester dans notre petit village, mais un jour, les Nazis sont arrivés. Des soldats sont entrés dans la maison de nos voisins et ils les ont arrêtés, même les enfants.

Je ne savais pas pourquoi ils les arrêtaient. Papa a dit que c’était en raison de leur religion.

«Mais Papa, ils fréquentent la même église que nous.» j’ai dit.

Il m’a dit, très gravement, «Il ne faut jamais dire ça. Nous n’allons plus à l’église. Tu comprends?»

J’ai dit: «Oui», mais je n’avais pas compris.

C’était la dernière fois que nous avons vu nos voisins. Mais nos voisins n’étaient pas les seules personnes qui ont été arrêtées. Pendant les semaines suivantes, plusieurs familles dans notre village ont été emmenées par les Nazis, et tout le monde devait être rentré chez soi après sept heures du soir. Il y avait des soldats dans toutes les rues, et mon frère, ma sœur et moi restions à la maison la plupart du temps.

Un jour, Papa est rentré  de son travail. Il avait l’air fâché et il portait un drapeau nazi et un portrait d’un homme qui s’appelait Adolf Hitler. Il a accroché le drapeau et le portrait au mur dans notre salle de séjour, mais ensuite il a craché sur le portrait d’Adolf Hitler.

Il a dit à Maman, «Je ne sais pas si je peux rester dans ce pays. Je suis si fâché contre les Nazis, et j’en ai peur. Qu’est-ce qu’on ferait s’ils savaient qu’on est juifs? Je crois qu’il faut partir. On pourrait aller aux états-Unis. On y serait sains et saufs.»

Maman a répondu: «Mais toute notre famille est ici en France. On ne peut pas quitter la France et les laisser à la merci des Nazis.»

«Nous n’avons plus d’autre choix» a dit Papa.

Un mois plus tard, nous sommes partis. Nous allions aux états-Unis sur un grand bateau. Le bateau était assez ancien, mais il était aussi le bateau le plus grand que j’avais jamais vu.

Nous sommes arrivés au port à six heures du matin, avec tous nos vêtements préférés dans cinq valises. Troisième oncle nous avait amenés au port dans sa voiture.

Maman lui a dit : «S’il te plaît, viens avec nous» mais troisième oncle a dit: «Non, je ne veux pas quitter la France. Je suis né ici et je mourrai ici.» Ils se sont étreints, et puis nous sommes montés à bord du bateau.

Papa m’a dit que notre voyage allait durer une semaine. Je me demandais ce que nous allions faire: Il n’y avait rien à faire sur le bateau parce que c’était si ancien.

Maintenant, six jours ont passé  depuis que nous sommes partis. Demain nous allons arriver aux états-Unis. Maman n’est plus triste et elle parle toujours de la vie que nous aurons aux états-Unis.

Moi, j’ai hâte d’arriver dans un pays où il n’y a pas de Nazis.

Quand je serai plus âgé, je vais rentrer en France et entrer dans la Résistance Française. Je vais libérer la France et puis ma famille pourra y rentrer.